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Enduit à la chaux intérieur : quel dosage pour la chaux, le sable et l’eau ?

Ouvrier debout lissant un enduit a la chaux

Réussir un enduit à la chaux en intérieur tient d’abord à la recette. Une chaux trop dosée fissure, un mortier trop maigre poudre et s’effrite. Voici les proportions à retenir, puis la méthode pour gâcher et appliquer le mélange.

Dosage de l’enduit à la chaux intérieur : les proportions de base

Le dosage se raisonne en volumes (seaux, brouettes), jamais en poids, avec une proportion qui change selon la couche. Le tableau ci-dessous donne les valeurs courantes pour de la chaux aérienne CL 90 en poudre ou en pâte.

Couche Chaux aérienne Sable Épaisseur
Gobetis (accrochage) 1 volume 2 volumes, sable gros 3 à 5 mm
Corps d’enduit 1 volume 2,5 à 3 volumes, sable moyen 10 à 15 mm
Enduit de finition 1 volume 1,5 à 2 volumes, sable fin 2 à 5 mm

La règle de fond est simple : plus on se rapproche de la surface, plus le sable est fin et plus le mélange est riche en chaux. Le corps d’enduit encaisse les irrégularités du mur, la finition reçoit le lissage ou le badigeon. Avec de la chaux hydraulique naturelle (NHL 3.5), on reste sur 1 volume pour 2,5 à 3 volumes de sable, mais elle prend plus vite et reste moins souple.

Exemple de calcul pour 10 m² de mur

Prenons un mur de 10 m² avec 10 mm de corps d’enduit et 4 mm de finition. Le volume de mortier est de 100 litres pour le corps et 40 litres pour la finition. Avec 20 % de pertes (chutes, mur irrégulier), on arrive à 120 litres et 48 litres.

Le volume de mortier fini est à peu près égal au volume de sable, car la chaux comble les vides entre les grains. Pour le corps en 1 pour 3, il faut donc environ 120 litres de sable et 40 litres de chaux. Pour la finition en 1 pour 2, comptez environ 48 litres de sable et 24 litres de chaux. Au total : près de 170 litres de sable et 65 litres de chaux, soit 30 à 35 kg de chaux en poudre. Ce sont des ordres de grandeur, à ajuster selon la planéité du support.

Choisir ses ingrédients : chaux aérienne, sable et granulométrie

En intérieur, la chaux aérienne CL 90 est le choix classique. Elle durcit lentement par carbonatation au contact du CO₂ de l’air, reste souple et laisse respirer le mur, ce qui convient aux maisons anciennes. La chaux hydraulique garde sa place dans une pièce humide ou sur un support peu poreux, là où une prise plus franche est utile.

Le sable fait la moitié de la qualité de l’enduit. Un sable de rivière lavé, propre et sans argile donne un mélange stable. La granulométrie se choisit par couche : un sable 0/4 pour le gobetis et le corps, un 0/2 voire 0/1 pour la finition. Un sable trop fin et uniforme demande plus de chaux et fissure davantage au séchage. Un mélange de grains de tailles variées est plus solide, car les petits grains remplissent les vides laissés par les gros.

Pâte ou poudre : attention aux volumes

La chaux en pâte contient déjà de l’eau, et sa densité n’est pas celle de la poudre. Gardez le même contenant de mesure du début à la fin de la recette. Un seau de pâte et un seau de poudre ne donnent pas le même mélange, donc mieux vaut ne pas passer de l’un à l’autre en cours de chantier sans refaire un essai.

Préparer le support et gâcher le mélange

Mur de pierre aux joints creuses, brosse et seau

Un bon enduit commence par un mur sain. Sur un mur en pierre, on dégarnit les joints friables, on brosse et on dépoussière. Le support doit être stable, sans remontées d’humidité ni sels qui ressortent. L’humidification du mur à la brosse ou au pulvérisateur est une étape à ne pas sauter : un support sec boit l’eau du mortier et l’enduit « brûle » avant d’avoir pris.

Le support compte autant que la recette. La pierre et la brique conviennent très bien. Sur béton lisse ou sur ancien enduit de ciment, une couche d’accrochage projetée (le gobetis) ou un primaire adapté est nécessaire. Sur plâtre, mieux vaut éviter l’enduit à la chaux, sauf à passer par un accrochage spécifique. Posé directement sur des supports peu poreux, il se décolle.

Pour le gâchage, mélangez d’abord à sec le sable et la chaux en poudre, puis ajoutez l’eau progressivement. La quantité d’eau de gâchage dépend de l’humidité du sable : visez une consistance de crème épaisse, qui tient sur la truelle sans couler. Malaxez plusieurs minutes, puis laissez reposer un peu avant de remalaxer. Un mélange trop liquide retire du retrait et des fissures plus tard.

Appliquer en deux couches : corps d’enduit puis finition

Commencez par le gobetis, une couche fluide lancée à la truelle ou à la brosse sur le mur humidifié, qui sert de couche d’accrochage. Attendez qu’il ait commencé à tirer, puis appliquez le corps d’enduit en une ou deux passes de 5 à 8 mm maximum chacune. Dressez à la règle, puis serrez à la taloche en bois. Le corps est ensuite griffé à la truelle ou au peigne pour accrocher la finition.

La finition se pose en couche fine, quand le corps est ferme mais pas complètement sec (comptez en général de 3 à 7 jours selon l’épaisseur et la ventilation). Elle se serre à la taloche éponge ou à la lisseuse, selon l’aspect voulu : granuleux, taloché fin ou lissage soigné. Pour un rendu poli, plusieurs passes serrées au fur et à mesure du raidissement donnent un fini lisse.

  1. Dépoussiérer et humidifier le mur.
  2. Projeter le gobetis.
  3. Appliquer le corps d’enduit, dresser et griffer.
  4. Laisser tirer quelques jours.
  5. Poser la finition, puis la serrer à la taloche ou la lisser.

Séchage, erreurs à éviter et entretien de l’enduit

Ouvrier brumisant un mur clair avec un pulverisateur vert

Le séchage est lent, car la carbonatation progresse de la surface vers le cœur sur plusieurs semaines. Travaillez entre 5 et 30 °C, à l’abri du gel, du soleil direct et des courants d’air violents. Si la pièce est chauffée fort ou ventilée à outrance, l’enduit sèche trop vite en surface et se couvre de fissures. Une légère brumisation les premiers jours ralentit le séchage.

Plusieurs erreurs reviennent souvent :

  • Un mélange trop riche en chaux, qui retire et se fissure.
  • Un sable sale ou trop fin, qui fragilise la couche.
  • Une épaisseur excessive en une seule passe, qui s’affaisse ou se décolle.
  • Un support non humidifié, qui absorbe l’eau trop vite.

Une fois l’enduit sec, il se protège avec un badigeon de chaux, appliqué en couches très diluées. Les petites fissures se reprennent en humidifiant la zone avant de passer un mortier de finition. Pour les reprises plus importantes, on purge la partie abîmée, on réapplique le corps puis la finition en respectant les mêmes proportions. Un enduit à la chaux bien dosé se retouche sans traces visibles et vieillit sans se déliter.

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Article publié par la rédaction de Habitat Et Travaux.

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